mercredi 25 février 2009

SUBVENTIONS AGRICOLES

En ces temps de salon de l'agriculture le ministre vient d'annoncer sa réforme à mi-parcours des aides agricoles et ainsi leur nouvelle répartition.

Syndicats et pouvoirs publics sont partis du postulat que les riches céréaliers devaient donner leurs aides à ces pauvres éleveurs afin qu'ils puissent continuer d'occuper le territoire.
Cet état de fait n'est bien entendu qu'une vulgaire caricature car beaucoup de réalités économiques s'y cachent. Nos hommes politiques et les différents pseudo syndicalistes agricoles n'ont même pas effleuré la réalité.

Les éleveurs en effet traversent aujourd'hui une crise grave, dont les origines sont économiques et commerciales.
En effet une des caractéristique de l'élevage des ruminants pour la viande est le manque d'organisation logistique et commerciale. Les éleveurs sont réfractaires aux contrats de production, et ils préfèrent que les débouchés s'adaptent à leur production, plutôt que d'adapter leur production aux besoins des consommateurs. De plus leur offre atomisée ne leur permet pas de peser sur leur marché. Enfin le circuit logistique qui fait aller les bêtes par camionnette dans les marchés au cadran avant d'être repris deux ou trois fois avant de trouver leur destination finale est également destructeur de marge.

Les subventions volées aux céréaliers auraient certainement été mieux utilisées pour augmenter la performance de la filière viande, que pour encourager le vice de la désorganisation. Ces mesures, dans ce cadre la, seront en permanence insuffisantes, car elles ne traitent pas le mal à la racine. Par contre elles auront un effet sur les céréaliers, qui habitués à organiser leur production et à gérer leurs débouchés, continueront une restructuration qui verra leur nombre une nouvelle fois diminuer par agrandissement des structures ainsi qu'une diminution du nombre d'intervenants sur le marché pour faire peser leur offre afin d'améliorer leur rentabilité.

dimanche 8 février 2009

Investissements fonciers et modernisme financier


Chaque génération d'agriculteurs, depuis la nuit des temps a deux alternatives: soit il est propriétaire, il dépense alors toutes ses économies pour racheter la part de sa famille qui ne travaille pas à la ferme, et investit pour étendre la propriété. Soit notre agriculteur est fermier, et il doit placer une grosse partie de son résultat pour lui permettre une sécurité en cas de reprise de l'exploitation par le propriétaire ou la vente de celle-ci.


Les rapports entre le fermier et le propriétaire ne font le bonheur d'aucun des deux. Le fermier a besoin de sécurité tout au long de sa carrière, pour lui permettre de faire des économies uniquement les bonnes années et dans le but d'obtenir une retraite décente. Le propriétaire aimerait une rentabilité supérieure de ses capitaux avec une possibilité de réalisation rapide et partielle en cas de besoin de trésorerie.


La section nationale des fermiers métayers, réunis en congrès, ont fait une proposition intéressante, qui permettrait de conserver l'argent de l'agriculture dans la propriété foncière, en s'affranchissant des problèmes de liquidité et de cessibilité.


La proposition est de créer un produit financier composé de titres fonciers dont la liquidité est assurée par les banquiers en collaboration avec les SAFER.
Ce nouveau produit qui serait à la disposition de tous les épargnants pourrait également attirer des capitaux en dehors du monde agricole.


Ce produit financier viendrait compléter le dispositif issu de la loi d'orientation de 2007 concernant les baux cessibles et la création de fonds agricoles, car il faut rappeler que dans le cadre d'un bail cessible à long terme le montant des loyers peut être majoré jusqu'à 50%.


Le vent de modernisme qui souffle sur l'agriculture, va certainement permettre à l'agriculteur du 21ème siècle d'être un entrepreneur comme les autres ou les contraintes lourdes du foncier seront devenues de simples charges variables.
Alex BERTRAND