dimanche 29 mars 2009

L'agriculteur et la concurrence


L'atomisation de la production agricole, permet difficilement de cerner la véritable concurrence.
Pour un agriculteur l'évolution des marchés a été si rapide qu'il a beaucoup de difficultés à faire une bonne analyse de ses points forts et de ses faiblesses.

Pour imager cette évolution, je vais décrire l'évolution du marché des céréales depuis 30ans.
Dans les années 80 la protection Européenne était telle que l'on pouvais imaginer que son marché était national et que tout ce qui sortais de nos frontières étais l'affaire de l'état, si bien que la concurrence était organisée localement, et la discussion du prix se faisait avec les nombreux intervenants locaux qui vendaient aux FAB locaux, au moulin régional ou à l'intervention. L'importance du négociant ou de la coopérative étais considérable dans la formation du prix.
La deuxième étape est l'ouverture des marchés à terme qui ont donné de la transparence dans les échanges entre les organismes stockeurs et leurs clients. Cette transparence permet aux agriculteurs de juger des coûts d'inter médiation des différents intervenants, c'est le début d'une grande restructuration des organismes stockeurs pour augmenter leur productivité.
La dernière étape est la suppression des protections aux frontières et l'abaissement significatif du prix de l'intervention. Les intervenants locaux se regroupent encore pour peser sur leur marché qui deviennent internationaux, dans une concurrence qui deviens internationale. Par exemple pour un agriculteur céréalier de saone et loire dont le marché du blé de qualité est naturellement l'Italie par bateau avec des coûts de fret intéressant, le concurrent principal est le producteur d' Europe centrale qui exporte par la mer noire. Ce phénomène a pour conséquences pour le producteur, qu'il a obligation de faire confiance à un organisme qui soit capable d'analyser correctement les marchés, et d'avoir une taille lui permettant de peser sur ses clients.

Aujourd'hui la performance d'une exploitation céréalière n'est plus liées à la mise en concurrence des intervenants de sa région, mais de faire confiance à une organisation qui pourra lui apporter, par sa taille et ses compétences toute la sécurité nécessaire à une bonne gestion de son entreprise.
La concurrence se déplace avec l'évolution de la mondialisation.

vendredi 13 mars 2009

Grosses pertes de revenu chez les céréaliers


L'heure des comptes a sonné et chaque céréalier à l'aide de son tableur excel commence à calculer ses pertes de chiffre d'affaires pour 2010.

Sans connaître les réattributions liées aux zones intermédiaires on peut dès à présent chiffrer une perte de 70 à 90 €/ha soit sur une exploitation céréalière moyenne de 200 ha en zone extensive dite entièrement SCOP environ 15 000 €. Les études statistiques ont donné pour 2007 un revenu moyen des céréaliers SCOP de 25 000 €/ an. Ces données étudiées de manière brutale nous projettent un revenu net toutes choses égales par ailleurs de 10 000 € pour 2010 soit un revenu mensuel de 800 €. Ce constat est particulièrement révoltant, dans la mesure ou il est jugé comme un résultat satisfaisant par la FNSEA. Ce syndicat majoritaire ressemble plus à une pouponnière pour responsables politiques qu'à un vrai syndicat de défense professionnelle.

En tout état de cause, comme il faut bien continuer à avancer sans se plaindre. Il sera donc nécessaire de faire des adaptations à nos structures agricoles. Comme d'habitude la première chose à privilégier, en fonction de ses moyens, est l'agrandissement afin de diluer le plus possible les charges fixes. Une nouvelle piste qui n'a peut-être pas encore été beaucoup utilisée en production céréalière est la double activité : on délègue une partie de ses travaux à un voisin qui améliore la productivité de son parc matériel et on essaye de trouver un travail rémunérateur dans les services. Les céréaliers bien formés ont une bonne image sur le marché de l'emploi.

Les solutions de désintensification me paraissent plus hasardeuses car elles ne permettront pas de profiter d'une embellie des cours. En tout état de cause la solution est toujours la même quand la taille du gâteau diminue, il faut diminuer le nombre de convives.